Bonjour Laurence, nous allons parler aujourd’hui du « bonus écologique » qui s’applique aux véhicules les moins émetteurs de CO2 ?
En effet, ce qu’on appelle couramment le « bonus écologique » vise à encourager l’achat de véhicules moins émetteurs de CO2, et donc à pousser les constructeurs à proposer des modèles permettant de passer sous les seuils d’émissions.
On encourage donc la conception de véhicules moins polluants ?
En fait non : les véhicules les moins émetteurs de CO2 ne sont pas les moins polluants. En effet, entre un modèle essence et un modèle diesel de puissance équivalentes, le modèle diesel émettra moins que le modèle essence et donnera droit au bonus. Or le diesel présente des avantages et des inconvénients par rapport à l’essence : il émet peu ou pas de benzène et d’hydrocarbures imbrûlés, mais plus d’oxydes d’azote et de particules fines à l’origine de problèmes respiratoires, y compris de certains cancers.
Et pourtant, si je me renseigne auprès du MEEDDAT, le ministère du développement durable pour faire court, ou de l’ADEME, l’agence de l’énergie et de l’environnement,je vois les termes « écologique », « propre », « non polluant » ?
Oui, on peut dire que ces institutions pourtant officielles, et donc normalement impartiales, entretiennent la confusion. Dans quel but ?
Certaines mauvaises langues pourraient suggérer que, les constructeurs français étant plus avancés que leurs concurrents en matière de technologie diesel, leurs actions de lobbying ont fait aboutir ces nouvelles dispositions les favorisant : n’oublions pas que la moindre taxation du diesel par rapport à l’essence a déjà pour conséquence un parc diesel plus important en France qu’ailleurs.
Mais, si la pollution automobile est un vrai problème, il est également important de réduire les émissions de CO2 qui n’est peut-être pas dangereux pour la santé, mais augmente l’effet de serre? A défaut, pour l’instant, d’alternative crédible à l’essence et au diesel, comment faire ?
Le seul moyen efficace pour réduire les émissions de CO2 et de gaz polluants est de rouler moins : il est plus facile de diminuer son kilométrage de 20 ou 50% que de trouver des technologies permettant une telle diminution ; d’autant plus que ces technologies ne seront pas disponibles demain.
On peut aussi faire un certain nombre de choix :
Le filtre à particules sur les diesel limite les émissions de particules, sans les éliminer pour autant.
Le choix de carburants plus propres, moins riches en soufre par exemple, limite également la pollution à la source.
Ce qu’il faut surtout, c’est limiter l’usage de la voiture en ville et utiliser des moyens de transport plus adaptés. En effet, les trajets en ville sont forcément courts, et donc effectués avec un moteur froid consommant et polluant beaucoup plus que lorsqu’il est chaud. On constate en particulier une pollution importante aux abords des écoles tous les matins : c’est un vrai problème de santé publique.
Et n’oublions pas que des études ont montré que les plus exposés aux polluants étaient les passagers de la voiture, et non les piétons ou les cyclistes même s’ils ont l’impression de respirer plus de gaz d’échappement.
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