Pour écouter la chronique, cliquez ici :
Gérard, tu as visité la première «maison passive» du Val d’Oise à Bessancourt, c'est-à-dire une maison
basse consommation. C’est quoi au fait ?
On peut appeler maison passive une habitation qui produit plus d'énergie qu'elle
n'en consomme : c'est donc beaucoup mieux qu'une maison basse consommation car celle ci doit consommer moins de 50 kWh d’énergie primaire /m² et par an.
Alors d’abord quelques précisions : ça veut dire quoi 50 kWh d’énergie primaire
par m² ? et c’est quoi l’énergie primaire ?
L’énergie primaire est celle disponible dans la nature avant toute transformation
et transport ; en général l’énergie que nous consommons, demande entre 2,5 à 3 fois plus d’énergie primaire que les quantités distribuées … et facturées. C'est-à-dire que pour respecter le niveau
BBC la construction ne devra consommer que 15 à 20 kWh/m² et par an facturés par les fournisseurs d’énergie (gaz, électricité, bois, …)
A titre de comparaison ma maison, construite en 1975, consomme plus de 400 kWh
d’énergie primaire /m² et par an, soit 8 fois plus que l’objectif BBC. Te rends-tu compte des économies que je pourrais faire si je mettais ma maison au niveau BBC ? diviser par 8 ma facture
d’énergie ?
Quelles solutions techniques ont été appliquées ?
Isolation renforcée, étanchéité parfaite de la coque du bâtiment, système de
ventilation contrôlé (VMC double flux) avec récupération de calories font partie des solutions techniques mises en œuvre.
Mais il n’y a là rien de très original ?
Non, les solutions techniques sont bien connues, elles sont
classiques.
A partir du moment où la coque de la maison est étanche à l’air, et qu’une
ventilation efficace permet l’assainissement de l’air intérieur sans perte de calories (ce que permet une pompe à chaleur) l’essentiel est fait.
Alors en quoi réside le «plus» que tu as décelé ?
Une bonne réalisation de la construction est indispensable. Mais
au-delà, encore faut-il que la maison aide les équipements techniques à fonctionner à leur rendement idéal : et c’est là que les critères d’orientation et d’exposition (au vent, au soleil,
à la pluie, …), de compacité (rapport entre volume disponible et surface extérieure), de taux d’ouverture au sud (pour profiter du soleil et de la lumière), de répartition des pièces à vivre (au
sud) et des pièces de service (au nord), tous ces critères permettent d’obtenir une prestation maximale des équipements techniques et ceci sans coût supplémentaire, mis à part le coût de
l’intelligence mise à réfléchir à cette optimisation.
En conclusion ?
Ce qui m’a le plus surpris c’est l’extrême sobriété des moyens mis en œuvre, aussi
bien dans les équipements techniques, que, surtout dans les procédés de construction utilisés ; enveloppe extérieure faite d’une simple feuille d’étanchéité fixée mécaniquement, protégée par un
rideau de bambous qui enveloppe toute l’habitation, un système de coursives métalliques périphériques supportant les volets (en rideau de bambous eux aussi) sans peser sur la coque de la maison,
aucun revêtement de sol rapporté sur les éléments de construction, les poteaux de structure servent de logements pour les rangements, …
Les habitants de cette maison ne pourront pas se plaindre de leur cabinet
d’architectes (KARAWITZ architecture) : ces architectes ont conçu cette maison pour eux-mêmes.
Commentaires