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C'est bientôt le grand rendez-vous de Copenhague, les négociations sont
difficiles, on risque d'aboutir à des accords insuffisants, et pourtant il y a urgence ?
Eh oui, il est urgent de modifier nos modes de consommation, rappelons quand même
que 20% d'entre nous consomment 80% des ressources de la planète, que 7% de la population mondiale est responsable pour 50% des émissions de CO2, et que sur les 150 dernières années 75% des
émissions de C02 provenant des énergies fossiles sont imputables aux pays développés.
Ces chiffres confirment nos responsabilités historiques et éthiques pour décarboner
drastiquement nos activités et pour soutenir les efforts des pays en voie de développement, d'autant plus que les conséquences des changements climatiques affectent davantage les pays les plus
pauvres.
Et quelles sont les prévisions pour le futur ?
Avec une croissance démographique plus forte et une augmentation légitime de leur
niveau de vie, les pays en voie de développement ont atteint aujourd'hui des émissions de GES d'un niveau égal à celui des pays développés.
A l'horizon 2030, ils seront à l'origine de la plus grande partie des émissions de
CO2 provenant des énergies fossiles, d'où l'importance pour ces pays d'inventer des développements sobres en carbone.
Alors, ralentir la croissance démographique ... ?
Un peu facile à dire, car généralement la croissance démographique se ralentit
quand le niveau de vie et de bien-être augmente, donc c'est plus un résultat qu'un objectif volontariste, c'est un sujet délicat lié aux libertés individuelles, de plus c'est un phénomène à long
terme qui évolue avec beaucoup d'inertie.
D'ailleurs, il a été analysé dans un récent rapport des Nations Unies (UNFPA), qui
aborde les enjeux et les impacts des changements climatiques sur les populations, et en particulier la vulnérabilité actuelle mais aussi le rôle futur des femmes pour conduire des initiatives
dans ce domaine.
Alors que peut-on faire ?
Soyons clair: l'enjeu immédiat, c'est bien de réduire nos émissions de GES,
d'autant plus que les impacts des changements climatiques semblent s'accélérer, mais si nos comportements ne changent pas assez vite, il va être nécessaire d'y ajouter un autre objectif:
s'adapter à des modifications de notre environnement et à des phénomènes plus fréquents de catastrophes (ouragans, inondations, sécheresses, etc).
Et çà veut dire quoi, s'adapter aux changements climatiques
?
Prenons un exemple, l'élévation du niveau de la mer, une hypothèse + 1 m qu'on
évoque souvent, çà concerne 60% des grandes mégalopoles situées en zones côtières, on estime aujourd'hui, par exemple en Asie, que 100 millions de personnes devraient être déplacées, les
difficultés seront accrues pour les habitants des quartiers pauvres souvent plus exposés aux risques environnementaux, mais ces migrations prévisibles peuvent être
organisées.
Dans nos pays riches, nous avons une meilleure capacité collective pour absorber
ces nouvelles contraintes environnementales, mais dans les pays pauvres cela renforcera les précarités.
Ce sera davantage de pénuries d'eau et d'aliments, des problèmes de santé,
notamment pour les femmes et les enfants des pays les plus pauvres, donc aussi des déplacements progressifs de populations, davantage de réfugiés climatiques ou
environnementaux,
d'où l'exigence d'une plus grande solidarité, et aussi de renforcer l'aide
humanitaire et l'aide financière, en associant systématiquement climat et développement.
Et en conclusion ?
Les changements climatiques sont souvent abordés sur des constats ou des prévisions
scientifiques, la dimension humaine des impacts est peu développée, elle pourrait cependant se révéler une approche complémentaire de compréhension pour à la fois modifier nos schémas de
consommation et stimuler nos capacités d'adaptation aux changements climatiques.
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